Lignes directrices de l'Ordre des dentistes du Québec
concernant les suppléments de fluorure

L’Ordre des dentistes du Québec appuie l’utilisation judicieuse de fluorure dans la prévention de la carie dentaire. Il estime que c’est une des mesures de prévention les plus fructueuses de l’histoire des soins de santé. Les dentistes doivent cependant tenir compte du fait que le fluorure peut provenir de plusieurs sources. Ceci s’applique notamment aux enfants de moins de six ans qui, s’ils reçoivent plus de fluorure qu’il ne faut pour prévenir la carie, peuvent être sujets à la fluorose dentaire. Rien ne démontre que l’exposition au fluorure nuit à la santé, mais il serait prudent d’essayer de la limiter aux taux optimaux nécessaires à une protection continue contre la carie. Il est difficile, dans quelque région que ce soit, d’établir l’apport en fluorure global (c’est-à-dire toutes sources confondues). Or les dentistes devraient, dans la mesure du possible, tenir compte de cet apport lorsqu’ils recommandent des suppléments de fluorure.

Les propositions qui suivent s’inspirent de ces principes :

  1. Les suppléments de fluorure ne sont nécessaires que dans le cas des patients à risque élevé de carie et peuvent s’avérer inutiles si le patient est exposé à une quantité suffisante de fluorure par le biais d’autres sources.
  2. Avant de prescrire des suppléments de fluorure, il faut effectuer un examen clinique complet et une évaluation des risques de carie, ainsi qu’obtenir le consentement éclairé des patients/tuteurs.
  3. Lors de la Conférence consensuelle canadienne sur l’utilisation judicieuse des suppléments de fluorure pour la prévention de la carie chez les enfants, tenue en novembre 1997, il a été suggéré que les individus ou les groupes à risque élevé de carie comprennent éventuellement ceux qui ne se brossent pas les dents (ou à qui on ne brosse pas les dents) avec du dentifrice au fluor deux fois par jour, ou encore ceux qui sont jugés être prédisposés à la carie dentaire en raison, entre autres, d’un historique familial ou communautaire.
  4. L’estimation du taux d’exposition globale au fluorure (toutes sources confondues) devrait tenir compte de l’utilisation des dentifrices au fluor, de l’approvisionnement en eau à la maison et dans les garderies, ainsi que de la répercussion éventuelle des facteurs qui en réduisent la quantité comme la consommation d’eau embouteillée non fluorurée ou l’utilisation de certains appareils d’osmose inversée. Enfin, les dentistes devraient connaître le taux moyen d’exposition au fluorure en vigueur dans leur région.
  5. Les suppléments de fluorure sont administrés de préférence sous la forme de pastilles ou de comprimés à croquer. Pour les patients aux besoins spéciaux, il est possible que seules les gouttes soient indiquées.
  6. L’utilisation des suppléments de fluorure avant l’éruption de la première dent permanente est généralement déconseillée. Pour les jeunes enfants, quand les bienfaits de leur utilisation surpassent le risque de fluorose dentaire, les dentistes peuvent choisir d’y avoir recours suivant une posologie appropriée. Ceci dit, l’ingestion quotidienne totale de fluorure (toutes sources confondues) ne devrait pas dépasser 0,05-0,07 mg de fluorure / kg de poids corporel afin de minimiser le risque de fluorose dentaire.
  7. Suite à l’éruption de la première dent permanente et à la réduction du risque de fluorose dentaire associée à cette étape du développement, les suppléments de fluorure sous la forme de pastilles ou de comprimés à croquer peuvent être utilisés comme apport intra-buccal en fluorure. Une pastille ou un comprimé à croquer contenant 1 mg de fluorure procure la même quantité intra-buccale de fluorure qu’une quantité moyenne de 1 g de dentifrice fluoruré à 1000 ppm.


Bureau des administrateurs de l’ODQ
Mai 2001

 

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